Pour récapituler le billet précédent : J. RIFKIN considère qu'une révolution industrielle se
caractérise par l'arrivée conjointe (1) d'un nouvel outil, (2) d'une nouvelle
source d'énergie et (3) d'un nouveau mode de communication. Parfait, y a plus
qu'à remplir les cases : pour la 3e, c'est (1) l'informatique, (2) les énergies
renouvelables et (3) les réseaux sociaux.
Nous avons déjà discuté le non
sens que représente l'idée même de 3e révolution industrielle, dans ce second
billet nous envisageons désormais la 3e révolution industrielle comme une
tromperie idéologique.
J. RIFKIN, prophète en son pays
Ce qui m'interpelle en premier lieu, c'est le simplisme abrutissant de
la thèse de départ : on y ressasse les poncifs autour du réchauffement
climatique, de l'effondrement d'un système économique basé sur les énergies
fossiles et du retour de la techno-société occidentale comme guide salvateur.
J'ai l'impression de ré-entendre l'apocalypse selon St Al Gore, pas vous ?
Autre platitude démagogique : l'utopie d'une société basée sur une
énergie gratuite et accessible pour tous. J. RIFKIN prône l'avènement
des énergies renouvelables qui marquera une ère de dés-urbanisation du fait
d'une décentralisation des sources d'énergies (chaque citoyen deviendrait
producteur d'énergie qu'il partagera sur le web). Ne sommes nous pas une sorte
de 'populisme énergétique' ? Les citoyens se tourneraient eux-mêmes vers les
énergies renouvelables du fait de la prise de conscience collective de la
question écologique. L'idée est intéressante, mais à trop imaginer le futur, J.
RIFKIN regarde-t-il le présent ? La tendance actuelle est plutôt à la
construction de centrales à charbon... Passons.
La 3e révolution industrielle serait donc conséquente à l'émergence
d'une société altruiste et connectée. Rectification : altruiste CAR connectée,
une fadaise dans l'air du temps.
J. RIFKIN surfe sur les concepts de latéralité, de communauté
cybernétique, de village global... Que penser de ce « modèle social
coopératif » qui en première approximation ressemble à un amalgame
grotesque récupérant les tendances réelles qui animent la génération connectée.
A-t-il seulement compris ce qu'est le web communautaire ? Bref, je préfère
considérer sa 3e révolution industrielle comme une Nième théorie à la mormoil'
qui relèvent plus du 'facebookisme' que de l'analyse sociétale. Mais ceci
n'engage que moi... et qu'en première approximation. :o)





